vendredi 15 mars 2013

Les TCL font votre éducation

Face à la foule, les TCL réagissent et éduquent les usagers qui a priori ne savent plus comment attendre, et rentrer dans un métro.
La preuve en image :

Métro Saxe-Gambetta, ligne B

Alors attention : il faut laisser les gens sortir avant de rentrer dans le métro. Et il faut attendre gentiment sur les côtés.
Merci Maman.

lundi 11 mars 2013

OL - OM : Lyon ne gagne pas sans créateur

A l'issu d'un match nul, dans tous les sens du terme, contre Marseille, l'Olympique lyonnais a affiché un faible niveau de jeu et s'est procuré peu d'occasions franches (3 tirs cadrés). Sans être inquiétante, la performance du milieu lyonnais d'hier soir était loin d'être rassurante. La faute à qui ? A Rémi Garde ou aux joueurs ?

ZzZzZz ... ah oui pardon, match moyen : 0-0

Les joueurs :

Maxime Gonalons. La valeur sûre. Le taulier de 23 ans a - comme d'habitude - fait son match. Sans être brillant pour autant, le milieu récupérateur a perturbé l'axe offensif marseillais qui n'a pas eu grand chose à se mettre sous la dent, à l'image de Gignac.
Pas grand chose à dire sur "Max" qui, à défaut d'être étincelant, a perturbé une timide attaque marseillaise auteure de 3 frappes cadrées, comme l'OL.


Gueïda Fofana. La révélation de l'année 2013 a déçu hier soir. Moins percutant que d'habitude, il n'a pas apporté grand chose offensivement, mise à part une frappe dans les étoiles. Mais peut-on le blâmer pour autant ? Non. Car s'il aime se porter vers l'avant, l'ancien havrais n'est pas du tout un milieu offensif - créateur pur souche. Tout comme Steed Malbranque d'ailleurs.



Steed Malbranque. "Box to box", en avant toute ! C'est ça le jeu de Malbranque qui excelle dans son rôle à l'unique - et indispensable - condition : être accompagné d'un numéro 10 pur jus capable de capter et redonner proprement les ballons dans le bon sens du jeu.
Or hier soir, c'est bien au franco-belge que Rémi Garde a confié ce rôle de meneur qui ne lui sied guère. Ainsi, il s'est retrouvé trop exposé face au milieu adverse. La preuve en est, hier soir, l'olympien a perdu 30 % de ses 86 ballons négociés. C'est trop pour un meneur de jeu.


Sans être mis en cause, ce trio n'a pas assez pesé contre Marseille hier soir alors que le milieu reste l'atout essentiel de l'OL. Comment Rémi Garde peut-il donc se mettre délibérément en danger, en jouant petit-bras, et en laissant Gourcuff et Grenier sur le banc, alors que les Gones doivent faire le jeu ? La peur de perdre.

2 défaites pour 2 milieux différents

En neuf matchs de Ligue 1 en 2013, l'OL a un bilan assez moyen avec 4 victoires, 3 nuls et 2 défaites contre Lille et à Ajaccio. Lors de ces deux revers, le milieu lyonnais était composé de Gonalons-Grenier-Malbranque contre Lille, et du trio d'hier (Gonalons-Fofana-Malbranque) contre les Corses.
La titularisation du trio "Gona-Fofa-Mal" a donc déjà connu des problèmes contre un adversaire moins valeureux que l'OM. Mais vu le résultat lillois, la présence de Grenier n'est pas non plus synonyme de victoire.
Sans être parfait, le milieu "Gona-Fofa-Mal" a tout de même convaincu par le passé grâce aux victoires à Troyes (1-2), et à Valenciennes (0-2). Deux adversaires qui ne sont pas vraiment des pointures à l'échelle nationale, l'un étant dans le ventre mou du championnat, et l'autre avant-dernier. Il semblerait donc que Rémi Garde ait choisi de jouer la sécurité hier soir. Un choix discutable pour un match où l'OL (53 points) aurait pu distancer un peu plus l'OM (50 points), et se rapprocher du PSG (57 points).

Faire le jeu

"En première mi-temps, on n’a pas su prendre le dessus sur notre adversaire et développer notre jeu de passes habituels. On a manqué de percutions. Je n’ai aucun regret car mes joueurs ont tout donné" a déclaré Garde a l'issu de la rencontre. Traduction : il manquait un joueur capable d'apporter de la vitesse et une bonne vision de jeu. En effet, sans être mauvais en son absence, l'OL affiche un tout autre niveau de jeu avec Grenier titulaire : victoire 0-4 face au coffre-fort bordelais en Gironde, et victoire 3-1 contre Lorient.
Garde a donc tranché pour la sécurité, et Gerland n'a pu que constater le résultat de l'opération : un match ennuyeux ponctué de rares occasions de part et d'autre. 

Si le coach lyonnais a choisi de jouer avec le frein à main, c'est parce que Grenier n'est peut-être pas encore prêt. Car l'OL est bel et bien tributaire de la performance du numéro 7 lyonnais lorsqu'il est sur le terrain. Pour être clair : si Grenier est moyen, Lyon, comme à Brest (1-1), ne gagne pas. Face à ce constat, Garde a donc choisi de ne pas trancher dans ce match ô combien important, sur un plan à la fois comptable et honorifique. 


Si on peut reprocher à Rémi Garde de ne pas avoir osé "jouer", au sens propre du terme, il est difficile de l'accabler pour autant car Grenier n'a peut-être pas encore l'étoffe suffisant pour jouer tous les grands matchs - après tout, il était titulaire lors de la victoire 1-4 au Vélodrome, sans toutefois livrer une grande performance. Du moins cette année. 

Car la saison prochaine, il aura l'expérience et le talent suffisant pour s'imposer, et être titulaire un soir de grand match. A moins que Gourcuff ne refasse surface. Mais ça, c'est un autre problème.


vendredi 1 mars 2013

AS Minguettes - Nancy : l'ambiance Coupe de France

La rencontre entre les Minguettes (CFA 2) et Nancy (L1) a été l'occasion de découvrir la fameuse ambiance de la Coupe de France. Cette compétition qui fait rêver les grands, les petits, les vieux et les jeunes. Car l'ambiance était bien le seul intérêt de cette longue et polaire rencontre. 

le nom de la rue fait rêver ...


Une histoire de gros sous. Oui, la Coupe de France, emblème des pauvres clubs amateurs, c'est aussi une histoire d'argent et, pour le coup, de stade de substitution. Car l'AS Minguettes (ASM) n'a pas joué son "match du siècle" à domicile mais au Matmut Stadium, antre habituellement dévouée à l'ovalie et au LOU. Mais ce déménagement exceptionnel ne s'est pas fait sans mal.
Pour faire court, le LOU aurait demandé (les points de vu divergent) 130 000 euros aux footeux pour céder leur stade. Une proposition indécente vu les moyens du club amateur qui refuse catégoriquement et accuse, par la même occasion, les rugbymen de vouloir régler un conflit larvé avec la mairie de Vénissieux. Ah l'ambiance Coupe de France, le don de soi, la générosité. Bref.
Finalement, tout est rentré dans l'ordre. Le match a eu lieu même si l'ASM avait tout de même quelques frais à régler. En effet, la rencontre face à Nancy tournait autour de 15-20 000 euros. Mais le quartier des Minguettes était présent en force dans les tribunes démontables du Matmut Stadium.

L'ambiance Coupe de France


Le temps de rejoindre l'émérite Alexandre Pasteur, vaillant commentateur sportif pour Eurosport, je pénètre dans le stade de tous les conflits. Stand de merguez bien équipé. Brasserie du LOU remplie de gens en train de trinquer. Des jeunes du "quartier" qui courent partout. Vente de billets de tombola. Ca y est, j'y suis dans cette fameuse ambiance Coupe de France.


y avait du monde !

Quasi plein. Plus de la moitié des 8000 places étaient occupées au cours du match. Et quelle ambiance ! Ca chante, ça tape des pieds sur le sol en tôle (ou dans le genre, bref, ça fait du bruit !). L'entrée des joueurs se fait sous un tonnerre d'applaudissements et d'encouragements pour les Vénissians, et d'insultes pour les Nancéiens. C'est les Minguettes tout de même.
La purge, le match débute après le coup d'envoi donné par Alain Caveglia. Au même moment, les commentateurs d'Eurosport qui se trouvaient sur ma droite, tourne le dos à la caméra pour regarder la pelouse. Le consultant du soir, Steve "Savigoal" Savidan, se met debout et commente le match avec un sacré débit. Il s'arrête sporadiquement pour laisser parler Alexandre, ou pour s'allumer une clope. Il faut le voir pour le croire !

Une très longue rencontre


"Nancy on t'encule". Des mots violents mais normaux dans le monde du football. On entend bien la même chose dans les tribunes de Ligue 1 après tout. Mais pour le coup, les spectateurs sont déchaînés, les invectives et les remontrances envers les joueurs pleuvent.

Et sur le terrain, pas grand chose à se mettre sous la dent. Il y a quelques bons éléments parmi les 22 joueurs. A Vénissieux, M. Cassara (gardien), Ait El Mouden (milieu) et A. Berrezkami (ailier) tirent leur épingle du jeu. Mais du côté nancéien, c'est vraiment la catastrophe. Comment cette équipe arrive à se maintenir en Ligue 1 depuis la saison 2005-2006 ? Vu le niveau affiché contre l'ASM, ce maintient tient de l'ordre du miracle. Pourtant quelques joueurs - très peu - élèvent le niveau : T. Ayasse (milieu et buteur tueur d'espoirs à la 120e), S. Puygrenier (défense) par exemple. A l'inverse, B. Monkandjou (buteur à la 106e) a multiplié les échecs devant le but, prolongeant ainsi le calvaire de la presse, obligée d'assister dans le froid à cette rencontre insipide. Un tortionnaire.

L'ambiance Coupe de France made in Minguettes


Mais le Petit Poucet a longtemps tenu le coup. Il a été courageux et a été soutenu par son public intenable. En effet, les supporters du quartier bien connu à l'échelle nationale, ont donné du boulot à la sécurité. Sortie d'escalier bouchée, jet de projectiles sur la pelouse. A défaut d'actions sur le pelouse, il y en avait dans les gradins.
La fin du match approchant, la sécurité s'organise. Sur ma gauche, un ponte du LOU signale que les forces de l'ordre se sont mis "en configuration envahissement de terrain". Ça promet.

Pour le coup, on n'a pas été dessus. Alors que les tribunes se vidaient, les quelques personnels de sécurité et techniciens (et moi) commencent à être pris d'une crise d'éternuements. Tout le monde tousse. Nos gorges commencent à faire mal et nos yeux à pleurer. Ah, le gaz lacrymogène. C'est toujours un plaisir. En même temps, la vue, 5 minutes plus tôt, d'un gros costaud habillé d'un gilet jaune fluo pleurant à chaudes larmes m'avaient mis la puce à l'oreille.

Finalement, on quitte le tribune presse en se raclant la gorge. L' AS Minguettes est éliminé et nous sommes fatigués et gelés. Triste sort pour ce club qui, vu leur courage affiché au cours de ce match, auraient mérité de se qualifier. Mais bon, ils auraient joué contre Troyes, autre mal classé de Ligue 1, qui a tout de même plus de ballon que Nancy.

Bref, je m'en souviendrai de ce match. Mes pieds aussi remarque.

vendredi 22 février 2013

OL - Tottenham : des remplacements douteux ?


Construire son équipe à partir de son centre de formation est un pari risqué en football, surtout en coupe d'Europe. En titularisant Gonalons, Grenier et Fofana hier soir contre Tottenham, Rémi Garde a choisi de rester dans la continuité de la victoire (0-4) à Bordeaux. Un choix techniquement louable, contrairement aux remplacements effectués par le technicien lyonnais au cours de la seconde période.


fautif le père Garde ?

L'Olympique lyonnais a tenu 90 minutes sans encaisser de but, avant que Dembelé plonge le stade de Gerland dans l'effroi et la stupeur. Car elle avait fière allure cette prestation lyonnaise, capable de rivaliser, de dominer, et même d'éliminer un prétendant au podium de la select Premier League anglaise. Une impression confirmée par Garde après la rencontre. Selon lui, les Spurs avait "un niveau très proche du nôtre". Pourtant, les hommes de André Villas-Boas avaient quelque chose en plus : l'âge et l'endurance.

fatigué le Clément
Car si les vieux sont décriés dans le foot, ils ont au moins l'avantage de savoir gérer leur effort et, ainsi, d'être plus endurants que les jeunes. Un constat flagrant que tout Gerland a pu admirer à la 90e minute, lorsque Dembélé place un coup de rein fatal à Clément Grenier, avant de placer sa monstrueuse frappe du gauche. Le jeune milieu lyonnais a d'ailleurs reconnu bien volontairement après le match la supériorité physique de son adversaire : "il (Dembélé) pousse un petit peu le ballon, j’essaye d’intercepter, et malheureusement il y a un duel qu’il gagne et il met une belle frappe derrière".

Si tout le monde reconnait le talent technique de Grenier, qui a d'ailleurs été très bon, son naturel coup de fatigue en fin de match a permis à un adversaire plus expérimenté de faire la différence. C'est certes un détail, mais les coupes d'Europe se jouent hélas sur des détails. Un constat évident pour Rémy Vercoutre : "Les qualifications se jouent souvent à rien et il faut que ces petits riens soient avec nous". Et l'OL ne le sait que trop bien. Qui a oublié le pénalty oublié à Eindhoven, ou - déjà - le but encaissé dans les dernières minutes contre le Milan à San Siro ?

De mauvais changements ?


Or le détail s'est joué sur les changements de Rémi Garde. Alors qu'il menait, et dominait 1-0, le technicien lyonnais a remplacé Lacazette (65e, Malbranque), Lisandro (73e, Ghezzal) et Gomis (82e, Briand). Un choix tactique - poste pour poste - honorable, puisqu'il n'a pas voulu jouer la défense mais physiquement discutable.

En effet, le milieu lyonnais a l'habitude de tenir le ballon en Ligue 1, et donc de moins courir. Mais hier, la maîtrise était du côté des Spurs. De plus, cette joute européenne était plus éprouvante qu'une simple rencontre de championnat. Peut-être aurait-il donc été judicieux de faire rentrer du sang neuf au milieu de terrain, en remplaçant Grenier par Malbranque par exemple. Puisque l'OL avait lâché la balle à son adversaire, il fallait mieux faire rentrer un milieu roublard et habitué à jouer des Anglais.

S'il fait un très bon travail - vu la crise financière que traverse l'OL, Rémi Garde ne fait pas forcément des choix irréprochables, mais critiquer Saint Rémi semble bien compliqué entre Rhône et Saône.

jeudi 21 février 2013

Se souvenir des Canuts grâce à une faute d'orthographe

Rue d'Ivry, à la Croix-Rousse, se trouve une charmante petite place où se trouve une place commémorative en l'honneur de la poétesse Marceline Desbordes-Valmore (1786-1859). Petit problème : la faute d'orthographe. 


où qu'elle est la faute ?

Poétesse - il faut le dire - peu connue, Marceline Desbordes-Valmore est arrivée à Lyon vers 1820 selon sa fiche wikipédia (oui j'avoue ma source). Selon l'encyclopédie en ligne, elle publie divers recueils qui font des histoires avec son mari etc ... (allez sur sa page, c'est plus simple). Puis elle aurait cédé son activité théâtrale en 1832. Grand bien lui fasse.

Louis-Philippe, alors roi des Français, lui verse une pension. Sympa le cousin du régicide !
Mais, tout le monde connait les artistes : des râleurs de première catégorie. La preuve avec cette plaque :

Quand Lyon semblait morte et ne respirait plus
Quand le sang inondait cette ville éperdue
J'était là ... (1834)

 Je vous le dis, écrire une faute aussi grosse : ça fait mal. Bon, je ne suis pas le roi de l'orthographe mais là c'est violent. Comment la mairie de la Croix-Rousse a pu laissé passer une telle horreur ? Mystère.

Bref, revenons à notre brave Marceline. Car une question se pose bien : de quoi peut-elle bien parler en mentionnant le sang qui "inonde" la ville.

En 1834, la France - et Lyon - est dirigée par Louis-Philippe dans un régime appelé la Monarchie de Juillet, puisque mis en place en juillet 1830. Mais 1834, c'est surtout la révolte des Canuts. Pour rappel, et comme l'explique Francis Démier :
"à Lyon, où tous les ouvriers se sont lancés en février 1834 dans une grève générale qui a tourné court, la Société des droits de l'homme; associée au conseil exécutif des ouvriers mutuellistes, lance une grande manifestation le 9 avril, veille de la promulgation de la loi qui vise les sociétés républicaines. Cette manifestation se transforme en une nouvelle insurrection qui est écrasée en quelques jours (9-12 avril 1834)."   La France du XIXe siècle, Paris, Le Seuil, coll. Points, 1996, pp. 130-131

Voila comment la collectivité utilise une obscure poétesse, en orthographiant mal ses mots, pour que les Lyonnais se souviennent des Canuts, sans les mentionner pour autant !
Magique.

dimanche 17 février 2013

Compte rendu Bordeaux - Lyon : victoire écrasante de l'OL

L'Olympique lyonnais était rentré sur le terrain avec des doutes, et il en ressort avec des certitudes après avoir marché sur Bordeaux (4-0), ce dimanche après-midi en Gironde. Grâce à cette démonstration de force, Lyon reste collé aux talons du PSG et retrouve le morale.

a défaut d'un bon beaujolais, l'OL a dégusté un bon Bordeaux


Après les déroutes corses et lilloises, le voyage à Londres avait rassuré les plus sceptiques. Car à défaut de construire un jeu propre, l'OL avait montré en Angleterre qu'il savait être solide face à Tottenham (défaite 2-1). Mais contre Bordeaux, les joueurs de Rémi Garde ont été plus que rassurants, ils ont été dominateurs. Pourtant, le début de la rencontre tournait en faveur des Girondins, avant que Clément Grenier n'ouvre le score (15e) et le festival de buts lyonnais.

La sensation Fofana


Gonalons, Grenier, Fofana. Si les qualités des deux premiers avaient dépassé les frontières du département depuis longtemps, le troisième larron commence également à creuser son trou. Déjà bon jeudi en Ligue Europa, Gueïda Fofana a encore marqué des points dans l'esprit de Rémi Garde, notamment grâce à son but décisif (65e) - une grosse frappe en lucarne à 20 mètres du but - qui enterre les espoirs bordelais.
Mais l'international espoir, formé au Havre, a surtout montré ces derniers matchs des qualités offensives insoupçonnées. Lui qui était pourtant présenté comme un récupérateur, il a souvent joué vers l'avant. La preuve, il a provoqué un pénalty après avoir été fauché par Faubert. Pénalty que Grenier a transformé allégrement (73e), inscrivant son premier doublé en L1 par la même occasion.
Le jeune français a même éclipsé le temps d'un match l'indéboulonnable Steed Malbranque, et plonger le blessé Yoann Gourcuff dans le doute. Désormais, les places au milieu de terrain coûtent très chères à Lyon.

Une mise au vert profitable


Rémi Garde s'est même offert le luxe de faire sortir Lisandro (55e - Ghezzal) et Gomis (62e - Ferri) très tôt dans le match. Le centre de formation a donc tourné à plein régime cet après-midi. Et l'OL ne s'en est pas plus mal porté. En effet, les jeunes gones ont achevé les Bordelais en marquant un quatrième but par l'intermédiaire d'Alexandre Lacazette (75e).
Au-delà de la victoire, ce résultat montre bien que la mise au vert, mise en place entre Londres et Bordeaux (les joueurs ne sont pas repassés par Lyon), a été efficace. Moribond il y a une semaine, Lyon revient donc à trois points du PSG - qui joue ce soir à Sochaux - et distance l'OM de deux unités. Reste à faire un bon résultat à Gerland jeudi prochain contre Tottenham pour confirmer ce retour en forme.

lundi 11 février 2013

La trêve hivernale, le mal lyonnais ?

La neige est tombée sur Lyon et l'Olympique lyonnais ce week-end. Sans influencer le match contre Lille (défaite 1-3) ce dimanche, cette intempérie de saison symbolise le mal qui touche l'OL depuis la reprise de janvier : l'hiver. Ou plutôt la coupure hivernale. Ce facteur x qui pourrait expliquer le faible niveau de jeu affiché par Lyon contre Ajaccio et Lille.


Ohé ohé ! Capitaine abandonné !

Six matchs, deux victoires, 3 défaites (dont une au tir au but) et 1 match nul. Maigre bilan pour l'Olympique lyonnais depuis la reprise, le 6 janvier dernier. Une mauvaise passe qui a commencé par une surprenante élimination contre Épinal en Coupe de France. Il semblerait donc que l'OL, à égalité de points avec le PSG à l'issu de la 19e journée et une victoire sans appel (3-0) contre l'OGC Nice, ait mal digéré la coupure hivernale. Cette trêve, souvent salvatrice pour les petites équipes, a donc rompu la dynamique d'un groupe qui marchait sur l'eau, tant son rendement était surprenant. Désormais, les hommes de Rémi Garde accusent 6 points de retard sur Paris, et ne produisent plus rien depuis deux matchs, à l'image de Steed Malbranque, véritable moteur de cette équipe.

Un seul être vous manque ...


Très bon à l'issu de la phase aller du championnat, Malbranque pédale actuellement dans la semoule.
En effet, le franco-belge (33 ans) n'est plus tout jeune. Et en vieillissant, les sportifs de haut niveau doivent à tout prix garder le rythme. Comme le font les Henry et Beckham qui reviennent en Europe dès que la saison américaine de MLS se termine. De plus, le milieu lyonnais a passé la majeure partie de ses hivers de footballeur anglais à jouer car la Premier League n'a pas de trêve. Mais cet hiver, Malbranque avoue sur le site de l'OL avoir "coupé avec le foot tout en regardant quelques résultats anglais". Une erreur ? Peut-être.

Sans l'incriminer, sa baisse d'efficacité a eu un impact immédiat sur le rendement du collectif puisqu'il en est le rouage principal. Lui, le relayeur, l'accélérateur du milieu de terrain qui arrivait à se débarrasser de deux ou trois joueurs à chaque passe, ou à chaque coup de rein. Mais depuis quelques matchs, l'OL ne montre plus rien.

Même s'il ne pense pas avoir un tel rôle au sein du jeu lyonnais, Malbranque explique que l'OL est d'abord "un collectif, pas une somme d'individualités. Collectivement, nous étions bien huilés. [...] On doit retrouver notre fluidité. Mon cas personnel n'a aucun rapport avec ça !"
Sans être totalement vraie, cette déclaration rappelle tout de même que les problèmes collectifs sont avant tout le problème du coach.

Une tactique inconstante


Dispositif tactique aléatoire, défense changeante et le problème Lisandro. C'est l'équation a trois inconnues que Rémi Garde se doit de résoudre. Mais le coach lyonnais ne tranche pas, il hésite. Et la trêve y est une fois de plus pour quelque chose. Fini l'élan de victoires, le train-train quotidien à cause de la pause hivernale. Et avec la reprise, on reprend tout à zéro. Le staff travaille en fonction du mercato (qui n'a pas eu de véritables incidences) et des personnalités comme Lisandro.

Blessé lors des deux derniers matchs de l'OL, l'attaquant argentin a réclamé la tête - non pas du coach - mais de l'attaque, habituellement occupée par Gomis. Fini le côté gauche où le petit argentin doit jouer des coudes pour s'imposer, allant ainsi contre son jeu. Le gaucho veut marquer. Mais pour cela, il faut des ballons, or le milieu de terrain pose problème.

Et à l'image de Malbranque, le milieu de janvier : Gonalons - Malbranque - Fofana n'arrive pas à alimenter l'attaque lyonnaise en ballons. Car si le milieu contrôle le cuire, il n'en fait absolument rien ! L'OL joue comme une équipe de handball mais sans la finition, et surtout, sans créateur puisque Garde (sauf hier contre Lille) ne titularise plus de numéro 10. Mais à leur décharge, les joueurs sont aussi victimes des différents dispositifs tactiques mis en place par Rémi Garde.

Entre le 4-3-3 (avec Gomis en pointe) et le 4-2-3-1 (Lisandro en 9), le cœur du coach lyonnais balance. Difficile de progresser dans de telles conditions. Car l'OL doit sa réussite à sa stabilité tactique avant tout, or ce n'est plus le cas aujourd'hui. La faute probablement à un effectif trop jeune au sein duquel il est difficile de faire sortir des patrons.

Et une défense à la rue

Cette inconstance a également des effets sur la défense qui était plutôt rassurante depuis le début de l'exercice 2012-2013. Mais depuis le 6 janvier, la donne a changé : l'OL a encaissé 10 buts en 6 matchs. C'est trop.
Umititi est promené à gauche et au centre de la défense, et Lovren prend trop de cartons. Contrairement à Milan Bisevac, le Croate est loin d'être rassurant. Et sans défense solide, les résultats ne suivront pas.

Rémi Garde va donc devoir remettre de l'ordre dans la maison OL en retrouvant une équipe qui joue ensemble. Une équipe où un numéro 10 - Grenier ou Gourcuff - parvient à créer le danger. Reste à voir comment l'équipe jouera contre Tottenham. Une défaite serait lourde de conséquence et pourrait encore aggraver la baisse de morale des Lyonnais.

Affaire à suivre.